Site web en construction

2025

  • Jeudi 9 octobre

Sorti d’usines : La « perruque », un travail détourné

à Mains d’Œuvres – 18h30 Entrée libre – Salle Star TrekConférence

Conférence de Robert Kosmann dans le cadre de l’exposition « Le plus long est de franchir le seuil » de Baptiste Chauloux

Cette conférence sera l’occasion de faire une présentation d’une pratique en entreprise très répandue et en même temps méconnue, que l’on retrouve le plus souvent sous le terme « perruque ». La perruque est définie comme un « travail effectué par un ouvrier, un technicien, pendant ses heures de travail et pour son usage personnel, avec les matériaux et l’outillage de l’entreprise » – détournement de matériaux ou d’outils appartenant à l’employeur.

Dans l’univers de l’usine, du travail à la chaîne, l’histoire de la perruque est une histoire souterraine. Entre tolérance et clandestinité, entre vol et dû, entre labeur et loisir, entre habitudes et transgressions, entre individualité et appartenance au groupe, la perruque est tout cela à la fois.

L’auteur, fraiseur mécanicien chez Renault à Saint-Ouen entre 1975 et 1992 (fermeture de l’usine), a interrogé des dizaines de « perruqueurs » sur leurs bricolages et leurs créations et rassemblé de nombreux objets de différentes usines. Une fois retraité, il a rédigé un ouvrage, Sorti d’usines, qui rassemble la plupart de ces témoignages.

Cette pratique commence à être mieux connue. Toujours interdite mais parfois tolérée, son statut ambigu et caché le plus souvent fera partie des débats de cette soirée, illustrée par des photographies d’objets et de présentations de perruques fabriquées ou collectées par l’auteur.

Cette présentation, dans le cadre de l’exposition de Baptiste Chauloux à Mains d’Œuvres sera également enrichie par des peintures réalisées à partir de certains objets exposés.

  • 7 juin

Présentation du numéro 10 de la revue Photographica

Présentation du numéro 10 de la revue Photographica sur l’invention de la photographie le samedi 7 juin à 14:00 au festival de l’histoire de l’art au château de Fontainebleau.

Présentation à l’occasion du bicentenaire de la photographie et des 5 ans de la revue Photographica. Intervenants : Anna Grumbach (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Éléonore Challine (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Jan Middelbos (Université Rennes 2), Paul-Louis Roubert (Université Paris 8), Sylvie Nayral (Université de Strasbourg)

2018

  • 22 février 2018

De la poétique des savoir-faire, à l’usage politique des arts tactiques.

Journée d’études « Pratiques du hacking » organisée par Karine Lebrun à l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne (EESAB) – Site de Quimper, le 22 février 2018.

  • du 20 septembre au 20 décembre

Journée d’études et série d’événements consacrés aux Arts tactiques au travail

One Piece at a Time : Les arts tactiques au travail est une proposition encadrée par Leszek Brogowski (professeur à l’université Rennes 2, responsable et fondateur du Cabinet du livre d’artiste) et mise en œuvre avec la complicité d’Aurélie Noury et de Jil Daniel. Cette proposition tenait dans un ensemble d’événements consacrés aux conduites tactiques et aux attitudes de résistance menées par les salariés à partir de leur poste de travail. L’exposition One Piece at a Time au Cabinet du livre d’artiste (CLA) ayant eu cours du 20 septembre au 20 décembre 2018, plusieurs temps forts ont échelonné cette période : la diffusion d’un numéro de Sans niveau ni mètre (journal du CLA) dédié aux arts tactiques au travail a permis de produire les premiers éléments de discussion ; s’en sont suivis une journée d’études et le vernissage de l’exposition (le 20 septembre 2018) ; une soirée de projection (le 8 novembre 2018) qui a permis de centrer l’attention sur des objets audiovisuels entrant dans le champ des arts tactiques ; et le finissage (le 20 décembre 2018) nous a donné l’occasion d’effectuer un nouvel accrochage et de proposer le lancement d’un numéro spécial La Perruque (recto n°14) coéditée avec Sans niveau ni mètre (verso n°47).

Arguments

Ces différents espaces de monstrations, d’échanges et de mutualisation des expériences autour des savoir-faire tactiques qui ont cours dans le contexte plus spécifique des mondes du travail salarié étaient pour nous une façon de vérifier l’actualité des pratiques rusées au travail et de comprendre quelles en sont les possibles ou les limites aujourd’hui, que ce soit en art ou au-delà. Les contributions venues d’acteurs appartenant aux mondes des sciences sociales, des arts et du travail nous ont ainsi donné l’occasion de mettre en lumière les rapports de cohabitation qui peuvent s’établir entre les pratiques artistiques et les « conduites tactiques » au travail, mais nous ont aussi permis de croiser nos réflexions sur de nombreux enjeux communs : condition de production et de rémunération, place de l’artiste et du salarié dans la division sociale du travail, résistance et subordination, aliénation et épanouissement individuel et collectif, savoir-faire de production et création de richesses, rareté et unicité des objets fabriqués en dehors de la production réglementaire de l’entreprise et captation potentielle par les marchés, etc. Ces discussions ont alors débordé largement le seul champ des arts plastiques ou les supposés domaines de compétences des artistes. En effet, parler ainsi « d’arts tactiques » et non exclusivement de « pratiques artistiques » au travail nous a permis d’entamer un dialogue transdisciplinaire focalisé sur l’infinie richesse interprétative et créative des travailleurs lorsqu’ils se saisissent de leur contexte de travail pour le retourner au profit d’une production parallèle.

Journée d’études

Organisation d’une journée d’études : « Les arts tactiques au travail », Université Rennes 2, Équipe d’accueil Pratiques et Théories de l’Art Contemporain, 20 septembre 2018.

Résumé : Réunissant les interventions de Sophie Lapalu (Peut-on faire des œuvres qui ne soient pas d’art ?), Robert Kosmann (La perruque ouvrière, définition et débats), Olivier Lapert (Je vis du vol et…), Véronique Moulinié (Faire et se créer : manipulation de savoirs technologiques et mise en scène de soi), Laurent Marissal (Parler c’est déjà peindre #47) et Johanna Viprey (De l’artiste en chauffeur de taxi à l’artiste en commissaire), cette journée était pour nous l’occasion de confronter les méthodes artistiques à d’autres façons de rendre compte ou d’agir sur les mondes du travail.

L’exposition One Piece at a Time : Les arts tactiques au travail

Résumé : Cette exposition, montrée au Cabinet du livre d’artiste du 20 septembre au 20 décembre 2018, a présenté une série d’objets venant questionner l’éventail de pratiques réunies dans l’appellation « arts tactiques » et leur rapport avec les pratiques de l’art contemporain. D’une façon pragmatique, l’élaboration de cette exposition a supposé de mener un travail de recherche de documents et de contacter les artistes et contributeurs. Elle s’est construite autour des huit vitrines disponibles au CLA et présentait un inventaire de contributions (éditions clandestines, perruques, sculptures, bricolages fonctionnels, objets de grèves, etc.) et de documents se rapportant à aux pratiques créatives au travail (brochures, photos, livres et citations, etc.). Nous avons souhaité que ces sélections et contributions soient accompagnées de récits faits par les acteurs eux-mêmes, explicitant le contexte et les modalités de leurs réalisations. Une attention particulière était portée à ne pas dissocier les documents exposés de leurs auteurs, et des processus et enjeux de création spécifiques. Dans cet esprit de recherche, les invitations étaient lancées à un public non-académique et plus spécifiquement à l’adresse de groupes de travailleuses et travailleurs, notamment membres de syndicats ayant une pratique de résistance et de défense de leurs droits. Des visites de l’exposition ont également été organisées dans l’objectif de confronter cet inventaire subjectif avec différentes manières de vivre le travail, de constater les résonances que peuvent avoir ces productions avec le vécu de ces travailleurs, mais aussi de recueillir les critiques ou récits permettant de préciser encore les hypothèses de cette recherche.

À titre personnel, cette exposition présentant un très large panel de propositions – entre l’action artistique et l’action salariale, entre l’action discrétionnaire et celle plus manifeste, entre l’action fictionnelle et celle plus en prise avec le réel, et entre l’action critique et celle récupérée – m’a offert la possibilité de travailler sur mon corpus de thèse et de le confronter aux discours sur les mondes du travail, produits de divers points de vue : artistique, socioanthropologique, économique et politique.

Deux publications consacrées aux arts tactiques au travail
  • L’éditorial du n°46 du journal Sans niveau ni mètre consacré aux arts tactiques au travail

Résumé : Dans le contexte de cette journée d’études et de cette exposition, j’ai réalisé l’éditorial du numéro 46 du journal Sans niveau ni mètre (le journal du Cabinet du livre d’artiste) dédié pour l’occasion aux « Arts tactiques au travail » (voir l’exemplaire de l’éditorial intitulé « One Piece at a Time ou les arts tactiques au travail »).

  • Le numéro spécial La Perruque (n°14) / Sans Niveau ni Mètre (n°47)

Résumé : le 20 décembre 2018, lors du finissage de l’exposition, nous avons organisé une visite guidée du nouvel accrochage et invité Olivier Bertrand à présenter la maison d’édition Surfaces Utiles. À cette occasion, nous avons annoncé le lancement du numéro spécial La Perruque (recto n°14) coédité avec Sans Niveau ni Mètre (verso n°47) consacré aux arts tactiques au travail et imprimé dans les marges d’un tirage de Média Graphic à Rennes. Après négociation avec l’imprimeur, cette revue a donc été réalisée sur les espaces vacants en marge de ses impressions courantes, si bien que le modèle économique de sa publication a défini son étrange format : une impression sur des chutes de papier glanées de 1 × 90 cm (voir photos ci-dessous).

2017

  • 29 septembre

Ready-Made, mais par qui ?

Journée d’études « Fountain – Un siècle d’appropriation(s) » organisée par Bertrand Clavez avec le concours de l’équipe d’accueil Pratiques et Théories de l’Art Contemporain (EA7472). Cette journée d’études, qui accompagnée l’exposition de Saâdane Afif au Cabinet du livre d’artistes (CLA), s’est déroulée à l’Université Rennes 2 dans l’Amphi Castel (MSHB), Rennes, le 29 septembre 2017.

2016

  • 9 avril

Chronique d’un refus, à la recherche d’espaces autres…

Journée d’études « Les arts contemporains et leur espace institutionnel » organisée par Pamela Bianchi et Jee-Young Kim, à l’Institut national d’histoire de l’art(INHA), Paris, le 9 avril 2016.

2015

  • 3 novembre

Pour un inventaire provisoire des pratiques tactico-déviantes au travail

Dans le cadre des conférences Zones Mixtes rendez-vous le Mardi 3 novembre 2015 à 18 h à la médiathèque Jean Jaurès de Nevers.

Conférence liée à l’exposition intitulée : Les ruses de l’intelligence au Parc Saint Léger, Centre d’art contemporain, Pougues-les Eaux. (Dossier de presse en pdf)

Pour un inventaire provisoire des pratiques tactico-déviantes au travail (présentation)

Le poste de travail occupé par les salariés dans l’entreprise peut être retourné de multiples façons au profit d’une production qui échappe à celle réglementaire de l’entreprise. Les possibilités de déviance au travail sont donc nombreuses. Le salarié peut ainsi chaparder, jouer, saboter, enquêter, documenter (photographies, vidéos, enregistrements audio ou écrit,…), y mener différents types de grèves (perlées, zélées, d’occupations ou d’appropriations,…), se jouer des multiples contraintes propre à l’entreprise,…

Aussi, pour définir les formes de déviance au travail, nous pouvons dire avec Howard Becker que la déviance n’est pas une qualité de l’acte commis, mais [bien] une conséquence de l’application par le groupe social de normes et de sanctions à un transgresseur[1]. Ainsi ce sont – entre autres – les règlements intérieurs qui, dans l’entreprise, régissent les comportements supposés conformes et/ou déviants des salariés : rapports à la propriété privée des moyens de production, au secret industriel, au droit de grève, à la hiérarchie habilitée à diriger, surveiller et contrôler l’exécution du travail,…

Il ne s’agit donc pas de substantialiser l’acte de transgression commis par un salarié dans le cadre de son travail mais plutôt de choisir, dans l’éventail offert par les catégories de la déviance au travail, les formes de déviances qui nous semblent relever des arts tactiques.

On peut ainsi observer qu’à partir d’un “répertoire d’actions” utilisé comme un “réservoir” commun et disponible, il existe une infinie richesse d’interprétation dans l’actualisation de ce répertoire, et cela qu’il s’agisse d’actions politiques ou artistiques. Il faut entendre “répertoire d’action” ou “réservoir” au sens où la sociologue Ann Swidler parle de culture comme d’une “boîte à outils”2, “boîte à outils” que l’on peut dire limitée, contrairement à l’opération de subjectivation (rendue possible à partir de cette même boîte) qui, elle, semble infinie. Ces différentes pratiques de retournements au travail constituent alors ce que nous pourrions appeler une Boite à Outils Tactiques, au sens où Michel de Certeau disait de la tactique qu’elle « n’a de lieu que celui de l’autre » puisque, contrairement à la stratégie, elle doit « jouer avec le terrain qui lui est imposé tel que l’organise la loi d’une force étrangère »[3].

Dans le cadre de cette conférence intitulée Pour un inventaire provisoire des pratiques tactico-déviantes au travail, je chercherai plus particulièrement à rendre compte de quelques pratiques de retournement de cette “boîte” comme l’escamotage, la perruque[4], le jeu, le sabotage,… Dans cette acception, il ne s’agira pas d’être exhaustif en la matière, mais de présenter un panel suffisamment large nous permettant de comprendre différentes tactiques utilisées à la fois par des salariés et par des artistes.

Aussi, les archives que j’ai accumulées tout au long de mon parcours professionnel – de ma carrière déviante – me serviront à présenter quelques unes de ces pratiques. En effet, parallèlement à mes études (d’art et de sociologie) et comme de nombreux étudiants, j’ai commencé à travailler et à enchaîner les petits boulots. Actuellement Roadie (ouvrier-technicien plateau sous le régime intermittent du spectacle annexe 8 depuis 2013), j’ai été successivement : opérateur-tireur en tirage chromatique pour le laboratoire professionnel DUPON ; j’ai fait des enquêtes téléphoniques pour un laboratoire médical ; j’ai travaillé aussi comme opérateur-scanner pour une banque d’images ; et plus tard toujours comme opérateur scanner pour L’Argus de la Presse ; j’ai travaillé comme photographe scolaire pour la société Fotovista ; et comme opérateur ronéo à la gare Montparnasse ; j’ai été conditionneuSE de roses à Rungis ; coursier dans la restauration rapide ; gardien de nuit dans un parking ; j’ai fait de nombreux inventaires dans les grandes surfaces de la région parisienne ; j’ai été photographe du Père Noël pour les enfants ; opérateur-tireur pour la société myPix.com ; Maître de Demi Pension au collège Pierre Mendès France ; intervenant extérieur à l’Ecole supérieure d’Art de Rueil-Malmaison ; opérateur-tireur-vendeur pour Photo Service dans un centre commercial ; reprographe à l’Inspection académique des Yvelines, et de février 2011 à juillet 2013 j’ai donné des cours de sociologie en tant que chargé de Travaux Dirigés à l’IRTS (Institut Régional du Travail Social de Neuilly-sur-Marne et Montrouge / Université Paris 13) auprès d’étudiants de première et dernière année de Licence, etc.

Mes premiers détournements ont donc eu lieu dans ces différents contextes de travail où j’ai cherché à construire, en lien avec mes études universitaires, l’espace d’une production artistique, documentaire, sociologique et politique. J’y ai pratiqué l’escamotage, la perruque, le sabotage, la grève, le recyclage, l’archivage, l’enregistrement (écrit, sonore et visuel),… et ce que j’ai appelé par la suite des « enquêtes artistiques participatives ». Des enquêtes qui, en s’appuyant sur les pratiques de détournement et de déviance, interrogent la représentation du monde du travail de l’intérieur même du processus de travail.

[1] Howard, Becker, Outsiders, Paris, édition A. M Metailé, 1985.

[2] Voir à ce sujet : Olivier Fillieule, Stratégies de la rue : les manifestations en France, Paris, Presses de Sciences Po, 1997, p.210.

[3] A partir de l’opposition classique entre stratégies et tactiques, Michel de Certeau appelle tactique « […] l’action calculée que détermine l’absence d’un propre. Alors aucune délimitation de l’extériorité ne lui fournit la condition d’une autonomie. La tactique n’a de lieu que celui de l’autre. Aussi doit-elle jouer avec le terrain qui lui est imposé tel que l’organise la loi d’une force étrangère. […] Elle est mouvement à l’intérieur du champ de vision de l’ennemi et dans l’espace contrôlé par lui. […] Il lui faut utiliser, vigilante, les failles que les conjonctures particulières, ouvrent dans la surveillance du pouvoir propriétaire. Elle y braconne. Elle y crée des surprises. Il lui est possible d’être là où on ne l’attend pas. Elle est ruse. » Michel de Certeau, L’Invention du quotidien tome 1 : arts de faire, Paris, Gallimard, 1990, p. 59-60.

[4] Le travail en perruque consiste dans un contexte salarial (sur le lieu et pendant le temps de travail) en la réappropriation individuelle ou collective des moyens de production disponibles (matériaux et outils de production) afin de fabriquer ou transformer un objet en dehors de la production réglementaire de l’entreprise.

  • 1er octobre

Pratiques du hacking

Journée d’étude « Pratiques du hacking » organisée par Karine Lebrun à l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne (EESAB) – Site de Quimper, le 1er octobre 2015.

Programme et intervenant.es

Jeudi 1er octobre 2015 de 9h30 à 17h30 à l’l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne (EESAB) – Site de Quimper

Karine Lebrun : Introduction à 9h30

Jean-Baptiste Farkas : Le bon, la brute et le Hacker à 10h

Stephen Wright (par skype) : Pratiques de braconnage : sur la préhistoire rurale du hacking, et braconnages du présent à 11h15

Pause déjeuné : 12h30

Fabrice Gallis : intervention à 14h

Jan Middelbos : Attitudes et pratiques tactico-déviantes au travail à 15h15

Pierre Commenge : -dFFrxFr.F8FF&/qs à 16h30

  • 28 et 29 mars

Antiaufklarung

Le Salon de l’auto-édition « anti-Aufklärung » a eu lieu le : SAMEDI 28 et DIMANCHE 29 mars 2015 à La Générale en Manufacture, 6 Grande Rue 92310 Sèvres, (Métro: Pont de Sèvres)

  • 1er février

Les arts tactiques : recyclage, bricolage et retournement…

Rencontre-discussion avec Robert Kosmann : bricoleur-ouvrier et Olivier Nourisson : bricoleur-artiste.

Go Canny ! – Tactiques et pratiques critiques au travail autour des pratiques de représentation et de retournement au travail. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

Les arts tactiques : recyclage, bricolage et retournement,…

La Générale en théorie (invitation)

Dimanche 1 février 2015 à 17h TACTIQUES ET PRATIQUES CRITIQUES AU TRAVAIL : Les arts tactiques : recyclage, bricolage et retournement,… – Proposition de discussion avec Robert Kosmann : bricoleur-ouvrier et Olivier Nourisson : bricoleur-artiste

Robert Kosmann est retraité de l’industrie (18 ans à la régie Renault Saint-Ouen), perruqueur, syndicaliste et historien, il participe entre-autre à entretenir la mémoire de la pratique de la perruque.

Olivier Nourisson : “J’ai commencé à utiliser une visseuse pour assembler un tas de trucs pour construire un observatoire astronomique, et après un sous-marin que j’ai baptisé « anti-aufklärung » pour aller explorer les abysses de la Seine, j’utilise parfois des mots que je ne comprends qu’à moitié pour parler de mon travail, par exemple je peux utiliser les mots: Opacité, Das Ding, anti-Aufklärung.”

One Piece at a Time

 One Piece at a Time de Jhonny Cash raconte l’histoire d’un ouvrier d’une chaîne de montage automobile qui construit sa propre voiture avec des pièces volées à l’usine.

La discussion se déroulera autour d’un goûter-apéro-dînatoire, à la façon de l’auberge espagnole. Chacun-e est invité-e à y contribuer avec des mets chapardés – ou pas.

C’est au 6, grande rue 92310 Sèvres, métro Pont-de-Sèvres sur la ligne 9, dans la rue qui poursuit le pont dont la station a pris le nom. Une pancarte verticale signale la Générale. La salle sera fléchée.

Plan d’accès : http://www.la-g.org/old/images/images/plan.png

Après avoir discuté des rapports tactiques que l’on peut entretenir avec le vol (L’Escamoteur escamoté rencontre du vendredi 9 janvier 2015) c’est encore à cette créativité en contexte que nous faisons appel aujourd’hui, autour de la question du bricolage.

Dans son article « Perruque et bricolage ouvrier1 » Robert Kosmann revient sur une définition que donne Claude Lévi-Strauss du bricolage dans La pensée sauvage qui nous semble être un bon point de départ à la discussion : Le bricolage consiste à faire avec ce que l’on a.

L’objet de cette rencontre sera donc d’éclairer, à la lumière de nos expériences, les rapports que l’on peut entretenir au bricolage, et plus particulièrement entre pratiques de retournement artistique en milieu contraignant et pratiques de retournement sur le lieu du travail.

En effet, si la notion de retournement tactique appartient à un registre guerrier2, le sens des mots “stratégie” et “tactique” a subi une extension débordant largement le simple usage militaire, pour contaminer des champs d’action diversifiés tels que l’économie, les mathématiques (théories des jeux), la politique, l’idéologie et, pour les terrains qui nous préoccupent, les mondes du bricolage, de l’art et du travail.

Ces mondes qui nous intéressent ne constituent pas des champs autonomes, et dans ces conditions nous postulons une certaine transversalité des rapports tactiques que les artistes et les travailleurs,… entretiennent avec les mondes qu’ils habitent. Nous postulons donc que les artistes comme les salariés ont en commun ces savoirs-faire tactiques. Notion qui fait passer “l’art tactique” au premier plan, qu’il soit revendiqué comme artistique – ou pas.

En observant de quelles manières les pratiques de bricolage artistique dialoguent avec le bricolage au travail et, dans une dialectique réciproque, en observant de quelles manières les détournements de poste interagissent sur le bricolage artistique nous discuterons aussi de la pratique de la perruque qui est une forme de retournement bien spécifique qui ne peut être confondu avec d’autres types de déviance au travail.

Quelques éléments autour de la pratique de la perruque et du bricolage :

« Le travail en perruque consiste dans un contexte salarial (sur le lieu et pendant le temps de travail) en la réappropriation individuelle ou collective des moyens de production disponibles (matériaux et outils de production) afin de fabriquer ou transformer un objet en dehors de la production réglementaire de l’entreprise. Si ce travail « produit en douce » implique bien la fauche – la dernière étape de cette pratique suppose de sortir de l’entreprise l’objet de son travail3 – elle n’est pas réductible à un simple vol, puisqu’elle est avant tout l’expression d’un savoir-faire technique souvent acquis lors de la formation professionnelle suivie par le « salarié-perruqueur ». En ce sens, la pratique de la perruque se distingue d’autres pratiques « déviantes » telles que la flânerie sur Internet, l’achat en ligne ou d’autres « pratiques parallèles » comme l’entreprise clandestine (ici le produit de l’activité réalisée dans l’entreprise est vendu) ou le travail au noir (activité rémunérée réalisée hors de l’entreprise). Réalisée sur le lieu et pendant le temps de travail, la perruque est non-marchande. Elle n’est pas vendue car elle n’est pas considérée par son producteur comme une marchandise : on ne paye pas la perruque, c’est là l’une de ses caractéristiques principales.

Aussi, cette pratique est souvent associée à un art du recyclage4, qui exerce l’imagination et l’ingéniosité à fabriquer à partir de « tout et n’importe quoi », à produire des objets hybrides. La perruque est en effet un objet composite bricolé à partir de pièces de choix (métaux précieux ou semi-précieux, fil de brasure d’argent, pièce de dentelle, cuivre…) et/ou de déchets (chute de bois ou de métaux, pièce défectueuse…). Elle se situe au croisement entre l’objet désiré – celui que l’on se représente – et l’objet actualisable en fonction des moyens disponibles. Le salarié-perruqueur tente au mieux d’utiliser les matériaux disponibles in situ et se fait une fierté de produire un objet de A à Z en déjouant les contraintes de son poste5. De cette façon, le perruqueur résiste en produisant un objet fini, à partir d’un poste de travail spécialisé, parcellisé. Le bricoleur résiste par la production d’un travail « libre » et « créatif » qui s’organise dans un va-et-vient permanent entre conception (que faire ?) et fabrication (comment le faire ?). La perruque valorise les savoir-faire techniques et la créativité du bricoleur en même temps qu’elle remet en cause la légitimité de la direction de jouir seule de la propriété privée des moyens de production. La bricole peut être envisagée comme un biais par lequel le travailleur se réapproprie une partie des fruits de la situation de travail qui lui est imposé (obligation de présence et d’activité). Elle est une forme, parmi d’autres, de ce que Karl Marx donne pour être de la réappropriation d’un « surtravail non payé6 », non rémunéré. Même si ce grappillage ne représente qu’une infime réappropriation par rapport aux richesses produites et à la plus-value dégagée par l’entreprise, en faisant de la perruque, on cherche à récupérer un petit peu de ce qui nous a été volé. Et c’est sans aucun doute pour affirmer ce temps libéré et ces moyens réappropriés que certains perruqueurs présentent fièrement leurs objets en indiquant le temps de travail que cela leur a demandé : « Ce sabre [réalisé en perruque] m’a demandé une semaine de travail7 ! » ».

Extrait du dossier « Y a-t-il un artiste dans l’usine ? », Art21, n°32, hiver 2011-2012

– Le bricolage

« Si la perruque et le bricolage ont un tronc commun, le bricolage, lui, se fait à la maison. Il n’en reste pas moins une filiation très forte entre perruque et bricolage. Cette filiation, on la trouve dans la définition du bricolage  qu’en donne Yves Deforge : « Les matériaux du bricoleur sont souvent récupérés ou détournés de leur fonction première, les outils sont « universels », ce qui fait que le produit, l’objet bricolé a souvent un air de compromis. Ce compromis entre le vouloir et pouvoir, entre le projet et les moyens de réalisation, est perçu comme une victoire sur la difficulté par le bricoleur… et une excessive dépense d’énergie pour un résultat discutable par l’observateur extérieur. Mais cela n’a pas d’importance car la vraie finalité du bricolage est expressive, expression de soi, de son pouvoir créatif, de sa capacité de dialogue avec la matière rébarbative, de son besoin de s’investir dans une œuvre personnelle8. » »

Notes

  1. Robert Kosmann, « Perruque et bricolage ouvrier », Septembre 2009. ↩︎
  2. Communément, on considère que la stratégie désigne une partie de l’art militaire, c’est-à-dire l’art de combiner des opérations en vue d’atteindre un objectif à long terme, alors que la tactique désigne l’art de conduire une opération militaire limitée dans le cadre de cette stratégie. Les tactiques désignent dès lors l’ensemble des moyens que l’on emploie, et la conduite que l’on adopte pour obtenir quelque chose. Michel de Certeau, L’Invention du quotidien tome 1 : arts de faire, Paris, Gallimard, 1990. ↩︎
  3. Bien que l’on trouve des perruques de grande taille (Étienne de Banville fait ainsi état de la fabrication en perruque d’un deux mâts de dix-huit mètres de long équipé de cabines) celles-ci restent exceptionnelles car elles nécessitent des complicités auprès des gardes, des chauffeurs, des collègues, etc. Elles sont le plus souvent modestes et de petites tailles, pour pouvoir être sorties plus facilement de l’entreprise. Étienne de Banville, L’usine en douce, Le travail en « perruque », Paris, L’harmattan, 2001, p. 59. ↩︎
  4. Pour définir la perruque Miklos Haraszti avance aussi l’idée d’un art du recyclage : « Si insignifiant que soit l’objet, il a été fait de façon artistique [car] le travailleur en perruque travaille rarement avec des matériaux chers, décoratifs, semi-finis : il préfère créer à partir de débris, de bouts de fer inutilisables, et s’efforce que la beauté de son produit vienne d’abord de son travail… » Miklos Haraszti, Salaire aux pièces, Ouvrier dans les pays de l’Est, Seuil, Paris, 1976, p. 141. ↩︎
  5. Miklós Haraszti distingue deux écoles de perruqueurs : « Sur ce point, il y a d’un côté ceux qui ne regrettent pas de voir leur noble produit laisser transparaître à l’évidence sa vile origine, et de l’autre ceux qui tiennent fermement à une « finition » sans défaut. » Miklós Haraszti, Salaire aux pièces, Ouvrier dans les pays de l’Est, Paris, Seuil, 1976, p. 141-142. ↩︎
  6. « Le temps d’exploitation se divise en deux périodes. Pendant l’une, le fonctionnement de la force ne produit qu’un équivalent de son prix; pendant l’autre, il est gratuit et rapporte, par conséquent, au capitaliste une valeur pour laquelle il n’a donné aucun équivalent, qui ne lui coûte rien. En ce sens, le surtravail, dont il tire la plus-value, peut être nommé du travail non payé. […] Toute plus-value, qu’elle qu’en soit la forme particulière, profit, intérêt, rente, etc., est en substance la matérialisation d’un travail non payé. Tout le secret de la faculté prolifique du capital, est dans ce simple fait qu’il dispose d’une certaine somme de travail d’autrui qu’il ne paye pas. » Karl Marx, Le capital, livre I, Paris, Garnier-Flammarion, 1969, p. 383. ↩︎
  7. Perruqueur et professionnel dans un atelier de maintenance d’une compagnie aérienne, entretien réalisé dans le cadre de la Bourse de Travail Parallèle, le 24 octobre 2006. ↩︎
  8. Yves Deforge, dans la postface « Question vives » au livre de Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, 1989, p.330. ↩︎
  • 9 janvier

L’Escamoteur escamoté

Proposition de discussion autour des tactiques de vols

Vendredi 9 décembre 2015 à 17h

Go Canny ! – Tactiques et pratiques critiques au travail autour des pratiques de représentation et de retournement au travail. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres dans le cadre de La Générale en théorie.

Présentation de la discussion autour des tactiques de vols (Texte)

« C’est par hasard qu’on jeta notre dévolu sur le Jérôme Bosch du musée municipal de Saint-Germain-en-Laye […] une maison bourgeoise qui donnait sur une petite rue. Lors de notre passage, nous étions trois, et les seuls visiteurs. Le gardien du musée, qui tirait sur sa jambe en bois, nous suivait de salle en salle. Quelques peintures, rien d’exceptionnel. Puis L’Escamoteur… Tout simplement époustouflant ! Une huile sur bois, assez petite […] Mal présentée, mal éclairée, il se dégageait pourtant d’elle un véritable pouvoir d’attraction. Réveillé par la claudication sur le parquet, j’examinais le système d’attache : deux petits bouts de fils de fer !… […] En moins d’une semaine, l’opération était prête. Le 13 décembre, en fin d’après-midi, deux camarades montèrent à l’étage alors que Nat attendait dans une voiture sur la rue […] L’Escamoteur fut simplement décroché et mis sous le bras. Puis les deux compères partir en courant. Tout se serait bien passé sans accroc sans une réception dans la bibliothèque, en présence du maire Michel Péricard. Aux cris du boiteux, quelques invités et le chauffeur du maire tentèrent de s’interposer. Mais deux traits de gaz paralysant suffirent à calmer leur témérité. » Jean-Marc Rouillan, in Laurent Marissal, Portrait d’un terroriste en amateur d’art, Paris, Presses du réel/Al Dante, 2024, p. 47.

Que l’on en soit l’auteur ou bien la victime crédule, la fauche implique bien l’expression de savoir-faire tactiques acquis tout au long de la carrière d’un voleur (voir Découverte inopinée d’un vrai métier de Stefan Zweig). De cette façon, ceux qui tapent, entrent pour ce faire dans des rapports avec le monde que l’on pourrait qualifier de tactiques au sens où Michel de Certeau disait de la tactique qu’elle « n’a de lieu que celui de l’autre » puisque, contrairement à la stratégie, elle doit « jouer avec le terrain qui lui est imposé tel que l’organise la loi d’une force étrangère »1. Restant hétérogène aux systèmes garants de la norme, la tactique est une manière de circuler dans « un relief imposé », de s’insinuer au sein d’un « ordre établi ». Il s’agit d’une résistance de circonstance qui s’organise à partir d’un « faire avec » et développe des savoir-faire en rapport à un contexte donné.
Si l’éthique de l’escamoteur doit être discuté (ses cibles, ses intentions et/ou son rapport particulier à la consommation…) nous pensons qu’elle doit précisément l’être à partir de ces savoir-faire pra-tac-tiques et autour de leurs expériences partagées que l’on se situ du point de vue du dérobeur et/ou du dérobé. C’est à cette inventivité contextuelle que nous faisons appel, constituant de ce fait à autant de cas d’école différents qu’il y a de façons d’éprouver cette notion-pratique en fonction du contexte dans lequel on s’inscrit, en fonction de nos nécessités, chances ou échecs, de nos complicités… tout autant que de nos crédulités. Même s’il ne s’agit là que d’expériences de l’ordre de l’« infra » dans le cycle réappropriation/consommation et/ou redistribution, on espère que cette rencontre nous permettra de participer à susciter des idées autour d’un « faire avec », à produire un inventaire – ouvert, forcement non-exhaustif – de « micros-utopies » travaillées à partir du réel. Et qui sait même peut-être, d’assumer collectivement et publiquement le caractère créatif et/ou politique que peuvent conférer ces différentes formes de réappropriation directe de la production, pratiques habituellement individuelles et (semi)clandestines.


La discussion sera suivie d’un apéro-dînatoire, à la façon de l’auberge espagnole chacun est invité à y contribuer avec des mets chapardés – ou pas.

C’est au 6, grande rue 92310 Sèvres, métro Pont-de-Sèvres sur la ligne 9, dans la rue qui poursuit le pont dont la station a pris le nom. Une pancarte verticale signale la Générale. La salle sera fléchée.
Plan d’accès : http://www.la-g.org/old/images/images/plan.png

  1. A partir de l’opposition classique entre stratégies et tactiques, Michel de Certeau appelle tactique « […] l’action calculée que détermine l’absence d’un propre. Alors aucune délimitation de l’extériorité ne lui fournit la condition d’une autonomie. La tactique n’a de lieu que celui de l’autre. Aussi doit-elle jouer avec le terrain qui lui est imposé tel que l’organise la loi d’une force étrangère. […] Elle est mouvement à l’intérieur du champ de vision de l’ennemi et dans l’espace contrôlé par lui. […] Il lui faut utiliser, vigilante, les failles que les conjonctures particulières, ouvrent dans la surveillance du pouvoir propriétaire. Elle y braconne. Elle y crée des surprises. Il lui est possible d’être là où on ne l’attend pas. Elle est ruse. » Michel de Certeau, L’Invention du quotidien tome 1 : arts de faire, Paris, Gallimard, 1990, p. 59-60.

2014

  • 24 novembre

Discussion autour de l’univers palpitant, intolérant et intolérable, du travail social et des façons, depuis l’intérieur, de le changer

Rencontre-discussion avec Mariette Myriem Auger qui présente le collectif du journal Ôde aux dindons, collectif de chercheurs, travailleurs sociaux et « usagers » du travail social.
Une réseau d’enquêtes politiques sur les pratiques d’auto-support, de soins et d’accompagnement dans et en dehors des institutions de travail social

Go Canny ! – Tactiques et pratiques critiques au travail autour des pratiques de représentation et de retournement au travail. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres. (24/11/2014)

  • 19 octobre

Se situer dans la division – sociale, internationale, manufacturière, sexuée… – du travail

La Générale en théorie, cycle organisé par Béatrice Rettig : Comment, à partir de là où on se situe, on peut changer le monde…, La Générale en manufacture de Sèvres, Sèvres, le 19 octobre 2014.

  • 13 avril

La RDA vue par le PCF

Projection et discussion avec Perrine Val.

Cycle : Anarchives politiques. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

  • 3 janvier

Politiques du conflit en Colombie

Rencontre-discussion avec Sonia Garzón Ramírez et Carine Middelbos. Cycle : Les luttes dans le monde. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

2013

  • 22 juin

Pour un inventaire provisoire des refus et des échecs

Rencontre-discussion autour du travail de Laurent Marissal, et avec la participation notamment de Rebeca Sánchez Castro, Olivier Nourisson, Pablo Lapuenta Tiana et Arnaud Elfort.

Go Canny ! – Tactiques et pratiques critiques au travail autour des pratiques de représentation et de retournement au travail. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

  • 22 juin

Occupy Gezi : La résistance en Turquie

Récits et analyses avec Aslı Telseren, Engin Sustam, Ishan Kourahan.

Cycle : Les luttes dans le monde. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

  • 30 mars

Auto-représentation au travail

Éxposition-discussion en présence de l’artiste Aurélie le Faurestier, Manuel Bochaton, Jean Recoura.

Go Canny ! – Tactiques et pratiques critiques au travail autour des pratiques de représentation et de retournement au travail. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

  • 22 février

Le travail de Michail Michailov

Photogramme du film Le travail de Michail Michailov

Projection du film The Work de Michail Michailov et rencontre-discussion en présence de l’artiste.

Résumé du film The Work de Michail Michailov

The film „The Work“ is a work, which documents the work as male/female char in the house of affluent people and at the same time – using the means of artistical staging – transforms the hard, mechanical, monotonous and badly paid work into an absurd activity. Several short video samples show, how the various tasks are finished. In the masters´ presence, but without their knowledge the act of cleaning turns into a thrilling game. The domestic appliances and the exotic decoration of the house become toys and get a new meaning … Finally, the anonymous cleaning staff starts arranging the reality in the house in its own way…

Performance: Ekaterina Radeva, Michail Michailov

Go Canny ! – Tactiques et pratiques critiques au travail autour des pratiques de représentation et de retournement au travail. Cycles de rencontres organisés à la Générale en manufacture de Sèvres.

  • 13 février

De l’enquête artistique à l’enquête artistique participative : les méthodes de représentation artistique du monde du travail en question

Colloque, Images du travail, travail des images ; Pratiques artistiques, démarches scientifiques, Colloque organisé par le Gresco, la MSHS et l’Université de Poitiers, Poitiers, le 13 février 2013.

  • 24 janvier

Arts, tactiques et stratégies

Séminaire, « Le sujet du politique » organisé par Béatrice Rettig, Université de Paris 8, 24 janvier 2013.

  • 19 janvier

La contre-visite

Conférence/Performance, dans le cadre de l’exposition Histories From Below proposée par Jeanne Gillard, Benjamin Hugard et Nicolas Rivet à l’Espace Ygrec de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy (ENSAPC), Paris, le 19 janvier 2013.

La contre-visite (Photos, vidéos, texte)

Le samedi 19 janvier 2013, dans le cadre du finissage de l’exposition Histories From Below (Les histoires d’en bas), j’ai proposé une conférence-performance intitulé : La Contre visite. Au cours de cette conférence à l’espace YGrec, je suis notamment revenu sur mon travail de documentation et de détournement des différents contextes de travail dans lesquels j’ai pu être amené à travailler. Les archives que j’ai accumulées tout au long de ma « carrière déviante » au travail m’ont servies à présenter mon parcours professionnel et à situer l’approche particulière que j’ai de ce sujet. Aussi, après cette conférence, j’ai proposé au public une contre-visite dans le laboratoire photographique où j’ai travaillé comme opérateur-tireur sur mini-lab FUJI Frontier 390 et 375 entre janvier et juillet 2006.

Une reconversion que j’ai vécue comme une grande violence, car elle met en exergue l’injustice du traitement des corps ouvriers au regard de celui réservé à la marchandise-œuvre d’art qui, contrairement aux employés de Rosenblum, serait chouchoutée et valorisée, et aurait même droit à des locaux refaits à neuf, lumineux, propres et où il fait bon vivre.

Pour l’occasion, je me suis donc transformé en « guide touristique » et j’ai organisé une contre-visite dans cet espace d’art (ancien laboratoire-usine) situé au 183 rue du Chevaleret à Paris, c’est à dire à deux pas de l’espace YGrec lui même situé au 20 de la rue Louise Weiss.

2011

  • 20 novembre

La pratique de la perruque et les pratiques artistiques

Conférence/exposition, « La Générale en théorie », La Générale en Manufacture, Sèvres, le 20 novembre 2011.

La Générale en Théorie est un cycle de rencontres. C’est à la fois, l’intervention volontaire d’un(e) invité(e) et l’accrochage d’une production faisant écho. Née d’un désir de visualisation de nouveaux territoires de pensée et d’une volonté de confrontations de positions en dehors des concepts de « fétichisation » et des pratiques dites « normatives », La Générale en Théorie est le lieu d’une autocritique et plus largement donne une place à la critique.

2008

  • 11 novembre

Chronique sur mon refus de participer à la première Biennale Internationale de Rennes

Conférence, « No to business-as-usual », NGBK (Nouvelle société pour les Arts Plastiques), Berlin, Allemagne, novembre 2008.

  • 17 octobre 2008

Pour une réhabilitation de la critique dans le monde de l’art

Émission sur l’art sur Radio Libertaire le 17 octobre de 19 heures à 22 heures.

Invité-e-s :

Lucy Lippard : critique d’art féministe (U.S.A.).
Jean-Claude Moineau : théoricien de l’art, enseignant de philosophie de l’art à l’Université de Paris VIII (France).
Le collectif « target: autonopop » (Allemagne).
Jan Middelbos-Mitric : artiste au travail (France).

Pour une réhabilitation de la critique dans le monde de l’art (l’émission en deux parties)

Le collectif « target: autonopop » de Hambourg a le plaisir de vous proposer une émission sur l’art sur Radio Libertaire le 17 octobre de 19 heures à 22 heures.
Le marché de l’art actuel, l’accroissement de ses contradictions et du caractère oppressant de son recrutement, de sa (re) production, de sa médiation et de son discours, ouvre la voie à une délégitimation sociale de ce secteur. Cette situation est l’occasion de transférer l’appellation « Art » à un groupe d’acteurs et de structures déjà existants dont les pratiques et les discours informés par l’histoire ne sont pas déterminés par la marchandisation.
Cette rencontre exceptionnelle sera pour nous l’occasion de discuter avec nos invité-e-s des positionnements et repositionnements critiques possibles dans – et hors – le monde de l’art.

Pour une réhabilitation de la critique dans le monde de l’art (première partie)
Pour une réhabilitation de la critique dans le monde de l’art (deuxième partie)

2007

Traverse video – « La revisite »

10ème édition – Toulouse, France.

Projections du 6 au 10 mars 2007

  • 14 octobre

Festival de Vidéo Expérimentale
Carte blanche à Traverse vidéo

Projections à partir de 19 heures au Point de Bascule
108, Rue de Breteuil, 13006 Marseille.

  • du 17 juin au 31 juillet

Exposition-intervention avec le collectif AU TRAVAIL / AT WORK à la Toronto Free Gallery entre le 17 juin et le 31 juillet, 2007.

Communiqué de presse

AU TRAVAIL / AT WORK
Exhibition Dates: June 28 to July 28, 2007 Opening Reception: Thursday, June 28, 8-10pm
Location: 660 Queen Street East, Toronto, ON M4M 1G5 Hours of Operation: Wed-Sat 11-5 & Sat 12-6 (Toronto)–Toronto Free Gallery is proud to present the work of AU TRAVAIL / AT WORK, a Québec based art collective that appropriates the work environment for interventions and cultural hi-jacks
AU TRAVAIL / AT WORK ( http://www.autravailatwork.org ) is an experimental project that began in Montréal and now holds members from across America, Europe and Asia.
They urge artists and workers to consider their workplace as a site for artistic exploration and residence. The workplace is imagined as a field for experimentation and discovery, wherein exists conflicting relationships between private Utopias, collective necessities, and economic realities. The members of the collective capitalize on the individual work- er’s right to manage his or her own free time so that they can utilize or subvert the existing spaces, products and/or technologies present within the workplace. AT WORK / AU TRAVAIL is a project based on a call for collaboration which is open to all.

Toronto Free Gallery will become home to the work and documentation of these interventions.
“The glamorous life of being an artist! You get to work like a dog to create your artistic vision, tackle the endless grant and gallery submissions and work a low-wage but demanding second job to pay the bills. But don’t despair, the collective AU TRAVAIL / AT WORK is at Dare Dare proposing a novel solution to the grind. They’re sending out an open invitation forall to join their collective and embrace their vision of turning their work-place into a laboratory for developing art and ideas..”

  • Montréal MIRROR, May 2006 by Christine Redfern

Toronto Free Gallery is a not-for-profit art space dedicated to providing a forum for relevant social, cultural and urban is- sues expressed through all media. Toronto Free Gallery is intended to be a creative laboratory. We aim to provide artists with a space to experiment, explore new ideas, question norms and challenge both them- selves and their audiences.

For more information, interview scheduling and print-ready images, please contact Heather Haynes, T: 416-913-0461
E: heath-er@torontofreegallery.org

  • du 09 juin au 12 juillet
La Bourse de Travail Parallèle Itinérante : dans le magasin « unlimited liability » (Texte et photos)

La première opportunité de faire de cette Bourse de Travail Parallèle une proposition itinérante, c’est Michel Chevalier qui me l’a offerte. J’ai rencontré Michel Chevalier le 1er octobre 2006 à l’occasion d’une manifestation « Y a trop d’artistes ! » organisée dans le cadre de la Biennale de Paris par le collectif manifestement[1]. Après avoir effectué quelques tours autour de l’ange de la bastille, j’ai demandé à Jean-Claude Moineau de me présenter à Michel Chevalier dans le secret objectif d’organiser avec eux une contre-manifestation. À l’option de tourner à contresens pour prendre à revers les manifestants et entrer en confrontation frontale avec eux, nous avons préféré nous diriger sagement vers les marches hospitalières de l’opéra pour adopter sur la situation un point de vue en plan large : on y a vu des artistes qui, sans même bloquer la circulation, continuaient de tourner en rond sur le trottoir et autour de la colonne de juillet. Avec Michel Chevalier nous avons prolongé notre discussion de fin de manif au café et nous avons notamment sympathisé sur les idées anarcho-syndicalistes et sur la culture punk.

Michel Chevalier m’a parlé de son projet « Quadrophonischer Kunstkopf » : Le Coin d’écoute Diedrich Diederichsen qu’il présentait pour le groupe « target: autonopop » (de Hambourg) dans le cadre de la Biennale de Paris. Ce coin d’écoute Diedrich Diederichsen avait été proposé dans la librairie EN MARGE du 30 septembre au 11 octobre 2006 puis, dans la Médiathèque musicale de Paris du 12 octobre au 31 octobre 2006. À son invitation, je me suis donc rendu à la Médiathèque musicale (située dans les Halles de Paris) où j’ai pu entendre et faire l’expérience d’une histoire et contre-histoire des musiques punk, industrielle et noise… En effet, le dispositif proposait, par l’entremise de deux casques placés à disposition du public (le A et le B), d’alterner les écoutes et de comparer les musiques. À la compilation des morceaux (diffusée dans le casque A) qui, de 1979 à 1999, avaient été légitimés par les chroniques enthousiastes de Diedrich Diederichsen (critique d’art, théoricien des musiques actuelles et spécialiste de la « Pop culture ») ; Michel Chevalier avait opposé une autre compilation composée à partir de morceaux de groupes différents (diffusée dans le casque B) qui, s’ils n’avaient pas été chroniqués par Diedrich Diederichsen ou n’avaient pas fait partie de son « classement top » de ces années passées en revue, méritaient tout autant ou plus encore, de regagner leur place dans l’histoire de ces musiques et de sortir des oubliettes dans lesquelles ils avaient été plus ou moins précipités.

Par la suite, Michel Chevalier a donc invité la BTP à participer à « unlimited liability », un magasin – créé et animé par le groupe « target: autonopop » (composé par Tobias Still, Rahel Puffert et Michel Chevalier) –, qui vend des multiples d’artistes à moins de 30 euros : des autocollants, DVD’s et CD’s, affiches, zines, t-shirts… mais aussi de la nourriture, des services et travaux dont la forme de l’échange est à déterminer au cours de la discussion avec l’acheteur. Cette contrainte de produire en multiple visait notamment à empêcher ici la spéculation sur les « originaux » et c’est d’ailleurs pour cette raison que la peinture et le dessin ne figuraient pas dans ce magasin. C’est sans doute le propre de l’édition en multiple que de permettre d’offrir une alternative à la fétichisation de l’original et à l’organisation de la rareté par le marché capitaliste. La rareté s’imposant comme une des valeurs du capitalisme, l’édition de multiple se pose alors comme une alternative potentielle aux velléités de spéculation sur le « marché de l’art », car comme nous le rappelle Leszek Brogowski dans son article « L’art, le livre, même combat » :

« le marché de l’art […] depuis au moins un demi-siècle, connaît – dans ses excès – les pires dérèglements tels que le contrat d’exclusivité (imposant à l’artiste une “ fidélité ” forcée, abandonnée dans le droit du travail depuis la Révolution française), la plus-value illimitée et le prix exorbitant de certaines œuvres, la spéculation qui impose des contraintes directes à la production artistique (comme le tirage limité des photos, gravures et autres livres de bibliophilie : la rareté est une valeur du marché), etc. [Leszek Brogowski poursuit ainsi en questionnant] la posture, effective et idéelle, de l’artiste dans nos sociétés : entrepreneur ou bénéficiaire d’une bourse ? fabricant d’objets à vendre ou intellectuel ? employé des marchands ou travailleur de l’art ? [Et de constater alors que] sous la pression économique et idéologique, la critique d’art succombe souvent à un fétichisme marchand, dont d’autres formes ont été décrites et dénoncées par Karl Marx, alors que les galeries, lieux par excellence de l’art, ne font que s’enfoncer dans l’ambiguïté dès lors que, “ chapelles ” de l’art, elles deviennent de fait des boutiques qui sacralisent la marchandise[2]. »

Aussi, pour différencier son magasin de ceux qui sacralisent la marchandise, mais aussi des autres boutiques de multiples ou des foires « d’art à prix abordable », Michel Chevalier s’essaye à proposer un protocole de vente stricte puisque celui-ci se déroule par le biais d’un contrat légal qui stipule notamment « qu’aucun acquéreur ne peut avoir plus de 50 000 euros d’actif, sous peine de pénalité en cas de fausse divulgation. […] Ceux qui peuvent acheter à “ unlimited liability ”, précise-t-il, appartiennent à des groupes sociaux qui ne peuvent (en raison de leurs ressources insuffisantes) acheter sur le marché de l’art traditionnel[3]. » J’étais ravi que la BTP prenne place dans un magasin qui s’essayait à une circulation parallèle des productions artistiques, que ce soit en cherchant à intégrer un public habituellement exclu du marché de l’art traditionnel (en lui proposant une « offre » de multiple à des prix abordables) ou en activant un protocole de vente qui exclut d’emblée les boutiquiers et collectionneurs adeptes de la sacralisation de la marchandise d’art.

Certes, il aurait pu apparaître contradictoire que la BTP – dont le principe même est l’échange (selon les modalités du don / contre don) d’objets volés ou perruqués dans l’entreprise – trouve sa place dans un magasin qui vend des multiples d’art. Cependant, la contradiction ne portait pas tant sur la « vente », car le protocole proposé ici était suffisamment souple pour que de la nourriture, des services ou autres travaux… puissent aussi faire l’objet d’un troc, dont la forme de l’échange pouvait être directement discutée entre les individus. La contradiction, qui est demeurée en suspens, portait plutôt sur la nature des objets proposés par la BTP puisque ceux-ci ne relevaient pas forcement de l’art ni d’une production en « multiple » et pouvaient encore s’échanger ou s’offrir comme « uniques » et non-artistiques. Ces produits, quand bien même ils ne se présentaient pas comme des marchandises artistiques, n’échappaient donc pas à toutes critiques de la fétichisation de l’objet original…


[1] Pour plus d’information voir le site du collectif manifestement : https://manifestement.be/manifestations/2006/#delocalisation

[2] Leszek Brogowski, « L’art, le livre, même combat », Nouvelles de l’estampe, mars-avril 2003, n°187, p. 34-35.  Texte publié à l’occasion de l’exposition « Livres imprimés et maquettes. Livres d’artistes des Éditions Incertain Sens » au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, à Paris en avril 2003 et consulté le 8 février 2021 sur le site : https://www.hermandevries.org/documents/2003/2003-bnf-catalogue.pdf

[3]Présentation du magasin, consulté le 8 février 2021 sur le site : http://www.targetautonopop.org. Je traduis.

Opening: « unlimited liability »

target: autonopop presents: «unlimited liability», multiples from over seventy collectives, writers, artists, filmmakers, music labels, and publishers.
(Norderstr. 71 ug, Hamburg)

Article paru dans l’édition Allemagne-Nord du journal « taz. »

  • les 10 et 11 mai 2007

Qu’est-ce que l’art peut apprendre de l’économie et de l’entreprise?
Pour de nouvelles pratiques artistiques et sociales.

Présentation du collectif Au travail / At Work

École Supérieure d’Arts de Rueil-Malmaison
3, rue du Prince Eugène 92500 Rueil-Malmaison

Programme (.pdf)

  • 3 mai

La perruque : une pratique du détournement

Séminaire à l’université de Paris 8 Vincennes à Saint-Denis le jeudi 3 mai de 15 heures à 18 heures en salle D 008

  • du 6 au 10 mars

Traverse video – 10ème édition – Toulouse, France.

2006

  • les 16 et 17 novembre 2006

Exposition du collectif Au Travail / At Work
Jeudi le 16 novembre 2006 à partir de 17h
Soirée d’ouverture / Vernissage
et
Vendredi le 17 novembre 2006 à partir de 20h
Soirée de musique improvisée. Thème : travail.

LE LIEU, centre en art actuel 345 rue du Pont, Québec (Qc)

Article

Côté, N. (2007). L’artiste dans les habits du travailleur / Au travail / At Work, Le Lieu, Centre en art actuel, Québec, 2 au 26 novembre 2006. Inter, (97), 56–57.

  • 21 octobre 2006

Bourse du Travail Parallèle (La)

Pour cette première Bourse du Travail Parallèle (2006), il a été demandé à chaque participant – voulant bien se prêter au jeu – de venir avec un objet volé/ou perruqué – sur le lieu de travail dans le but de l’exposer et/ou de l’échanger. Dans un local syndical de la CNT-Nettoyage, deux espaces ont été proposés pour ces objets : un espace pour les échanges et un autre pour les documents ayant trait à la « représentation du travail ».

Programme de la XVe Biennale de Paris

  • Octobre 2006

Présentation de la Bourse de Travail Parallèle sur Radio Libertaire dans le cadre de l’émission Les amis d’Orwell, Octobre 2006.