L’argus de la presse, opérateur-scanner, février 2001.
Ce deuxième montage, réalisé après coup, est intitulé Une petite grève et puis s’en va. Je l’ai réalisé à partir de photographies prises à L’Argus de la Presse en février 2001 lorsque j’étais opérateur-scanner. La courte durée de ma carrière au sein de cette entreprise ne m’a permis de réaliser que cet unique tour de chaise photographié à partir de mon poste de travail.
Et pour cause, une semaine après mon arrivée dans une équipe chargée de scanner les coupures de presse, je me suis fait licencier sous le motif d’une « inadaptation à mon nouveau poste de travail ». Même si je ne rejette pas cette qualification, il faut néanmoins préciser qu’une semaine après mon arrivée dans la boîte, j’ai participé à une grève. J’étais effectivement à peine formé lorsqu’en arrivant dans mon service le matin j’ai trouvé mes collègues assis, les bras croisés devant les écrans des ordinateurs éteints. Les collègues m’ont annoncé qu’ils étaient en grève, mais aussi, qu’ils comprendraient que je ne les suive pas et que je continue de travailler étant donné que j’étais encore en période d’essais. Il s’agissait d’une grève spontanée de l’ensemble du personnel de notre service pour protester contre les pressions morales subies par une collègue. Je me suis de suite solidarisé avec eux et, lorsque mon supérieur m’a demandé de travailler, je n’ai pas refusé, mais j’ai dit être encore trop novice pour pouvoir allumer seul les machines, scanners et autres ordinateurs en réseaux, etc. Il s’agissait pour lui de me tester et il a bien compris qu’il n’arriverait pas à me désolidariser de mes nouveaux collègues. Le lendemain, j’étais convoqué par le patron-DRH pour qu’il puisse me notifier mon licenciement, censé prendre effet immédiatement.
Je gagnais néanmoins à cet entretien une semaine de travail supplémentaire (le temps de dire au revoir à mes collègues et d’assister à la préparation d’une vague de licenciements dans mon service) en spécifiant que je ne pouvais être licencié puisque je n’avais encore signé aucun contrat de travail.







