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Reprographe en qualité d’agent contractuel pour l’Inspection Académique des Yvelines

Le 24 octobre 2008, jour du vernissage de l’exposition Remise Perso, j’avais déjà démissionné de mon poste à Photo Service. J’avais effectué mon dernier jour de travail le 1er octobre et je travaillais depuis le 8 octobre 2008 en tant que coresponsable de la reprographie à l’Inspection académique des Yvelines (en abrégé IA). J’acceptais donc d’être recruté pour un CDD d’une durée de dix mois (du 8 octobre 2008 au 7 août 2009) en qualité d’agent contractuel pour l’Académie de Versailles, moins pour ce que j’allais y gagner comme salaire (à ce poste, ma rémunération n’excédera pas les 1 363,70 euros bruts en moyenne et par mois) qu’en termes de condition de travail. En effet, si je n’ai jamais intégré un poste en fonction de ce que je pourrai y produire en parallèle, je dois bien admettre qu’à l’instant même où Pascal P. (le chef du service logistique) m’a fait visiter la salle de reprographie dans la continuité de mon entretien d’embauche, j’ai d’abord été ébloui par cet espace lumineux et je n’ai pas pu m’empêcher de m’y projeter quelque peu en trouvant là un très bel atelier de travail potentiel.

Stock de papier dans l’atelier de reprographie (vue prise depuis le comptoir servant à l’accueil du public), Inspection académique des Yvelines, Le Chesnay, 18 novembre 2008.

Outre le fait que cet atelier m’offrait l’accès à un large éventail de moyens de production qui me permettrait d’y produire toutes sortes d’éditions en perruques, le cadre même de travail proposé y serait bien meilleur qu’à Photo Service. Même si cet emploi me faisait passer d’un centre commercial à l’autre en quelque sorte (on n’échappe pas si facilement à son destin), contrairement au magasin Photo Service qui était situé au sous-sol d’Italie 2 et éclairé à la lumière artificielle, la reprographie de l’IA était logée au dernier étage du centre commercial Parly 2 (sur son toit) et elle était équipée d’une grande baie vitrée qui donnait sur l’extérieur si bien qu’elle laissait entrer largement la lumière du jour.

Avec mon collègue Alexis L., nous étions tous deux responsables de la reprographie et à ce titre, nous avions en charge de réaliser des opérations de reproduction de documents, de brochures ou de plaquettes : de la prise des commandes au façonnage en passant par le conseil aux agents de l’IA, nous réalisions différents types de duplication à partir de leurs indications et en fonction de leurs besoins. Aussi, selon les impératifs de production définis par notre chef de service, nous pouvions préparer les impressions et programmer les machines pour imprimer les copies et sujets des examens aussi bien que les diplômes.

La main assiste l’assembleuse défaillante, Inspection académique des Yvelines, Le Chesnay, 29 avril 2009.

Pour donner ici un autre exemple, nous avons également édité tous les documents nécessaires aux élections syndicales pour l’ensemble de l’académie de Versailles, ce qui réclamait en l’occurrence l’édition en masse des professions de foi des différents syndicats, et donc de faire tourner à plein régime les trois duplicopieurs.

Ciné tract : Sud dans le dupli, Inspection académique des Yvelines, Le Chesnay, 14 octobre 2008.

Avec mon collègue, nous avons appris à travailler en autodidacte sur ces différentes machines, car, jusqu’alors, nous n’en avions jamais manipulé de telles, si bien qu’au début, leur fonctionnement nous était complètement étranger. D’autre part, nos fonctions nous obligeaient à faire régulièrement l’inventaire des stocks disponibles et, selon nos besoins, il nous fallait veiller à renouveler les commandes de toutes les fournitures nécessaires au bon fonctionnement de l’atelier : papiers, agrafes, encres et rouleaux de masters (pour les duplicopieurs), etc. De cette façon, nous pouvions réceptionner jusqu’à plusieurs tonnes de papier en une livraison.

Livraison de papier pour la reprographie de l’IA, Le Chesnay (centre commercial Parly 2), novembre- décembre 2008.

Le travail consistait alors à « dépalettiser » les cartons à l’extérieur de l’IA (au pied du camion) puis à les acheminer jusqu’à l’atelier de reprographie, en les portant et en les faisant rouler sur un chariot. Par ailleurs, en travaillant pour le service de la logistique de la Division des affaires financières (DAF 3 Logistique) chargé de gérer « le standard téléphonique, le courrier, la reprographie, l’accueil des visiteurs, l’entretien et la réparation des locaux et des matériels, et la sécurité des personnes et des matériels1 », j’ai dû faire preuve d’une certaine polyvalence, voire outrepasser mes fonctions attitrées.

En effet, en plus des fonctions (réglementaires) liées à mon poste de reprographe, j’ai dû me muer en agent multitâche pour remplir, selon les directives portées par mon chef, les rôles de « monteur de meubles » (j’ai eu l’occasion comme ça de travailler avec une visseuse électrique notamment lorsqu’il a fallu refaire à neuf le bureau de l’inspecteur académique), de « livreur-coursier » (il m’est arrivé à plusieurs reprises de conduire une voiture de l’IA pour livrer ou récupérer différents types de colis dans tout le département des Yvelines), de « déménageur de mobiliers » (j’assistais les agents d’entretien et de réparation en portant avec eux le mobilier à déménager d’un site à l’autre), ou encore, sans que je n’aie reçu aucune formation au préalable, j’ai dû, à diverses occasions, remplacer au pied levé les « agents d’accueil » et m’improviser ainsi « standardiste » de l’IA.

Agent d’accueil-standardiste pour l’Inspection académique des Yvelines, 21 novembre 2008.
Coursier- livreur dans le 78, pour l’Inspection académique des Yvelines, hiver 2008/2009.
Monteur de meubles, pour l’Inspection académique des Yvelines, 2008/2009.
Déménageur de mobiliers, pour l’Inspection académique des Yvelines, 2008/2009.

Bien que je rechignais à outrepasser mon rôle et mes fonctions, dans l’ensemble, je dois bien admettre qu’en comparaison des conditions de travail qui m’étaient réservées à Photo Service, celles proposées par l’IA étaient bien meilleures : les cadences de travail n’étaient pas trop soutenues, nous n’étions pas obligés de rester debout toute la journée, nous pouvions réaliser nos poses sans en demander la permission à quiconque et travailler en tenue civile sans être en permanence sous la surveillance de la hiérarchie comme des clients, nous avions accès à une cantine à prix modique, de plus nous arrivions à ménager quotidiennement des espaces-temps parallèles pour mener à bien nos activités personnelles et, étant donné que nous disposions d’un ordinateur pour imprimer les documents, nous avons réussi à négocier auprès du service informatique une connexion à internet, etc.

À dire vrai, le plus difficile de ce travail était pour moi de m’y rendre. En effet, habitant à l’est de Paris (dans le 20e arrondissement) il fallait que je fasse en permanence l’essuie-glace. Le matin, je traversais toute l’Ile-de-France de l’est de Paris à la banlieue ouest, jusqu’à la ville du Chesnay (dans le département du 78) et le soir, je faisais le chemin inverse. En transports en commun, je devais d’abord prendre un bus ou un métro jusqu’à Nation (10/15min), puis le RER pour cinq gares jusqu’à La Défense Grande Arche (20/25min), là il fallait encore que je prenne le train « L » pour six arrêts jusqu’à La Celle-Saint-Cloud (25/30min), puis, enfin, à partir de cette gare que j’attrape un bus me menant, une dizaine de stations plus loin, jusqu’au centre commercial Parly 2 (25/30min).

La Défense Grande Arche, navette domicile (est de parisien) / travail (Parly 2), le 29 décembre 2008 à 8:36.

Au mieux, la navette domicile / travail représentait donc un trajet d’une heure vingt (soit deux heures quarante pour un aller-retour par jour), au pire – mais c’était là mon lot quotidien – mon trajet était d’une heure quarante (soit entre trois heures et trois heures vingt pour un aller-retour par jour, c’est-à-dire entre quinze et vingt heures par semaine à passer dans les transports). J’ai tenu à ce rythme jusqu’aux premiers mois de l’hiver. Cependant, les premières neiges ayant considérablement compliqué mes déplacements en transports en commun, j’ai alors négocié avec mon responsable une dérogation pour arriver sur mon lieu de travail avant l’heure, ce qui me permettait de venir en voiture plus tôt le matin et de débaucher avant les autres l’après-midi – pour éviter ainsi le plus gros des embouteillages. Ce trajet en voiture me faisait gagner du temps, mais représentait tout de même 31 kilomètres (soit une distance de 62 kilomètres aller-retour par jour et un total de 310 kilomètres par semaine). Je passais à peu près deux heures par jour pour faire mon aller-retour (soit un total d’environ dix heures par semaine). Je gagnais donc sur la durée de mes trajets l’équivalant d’une heure par jour et, en moyenne, cinq à dix heures par semaine en moins à passer dans les transports.

Un autre avantage que je trouvais à venir en voiture, était de me garer non loin de la sortie de service de l’IA afin de pouvoir ainsi y charger de temps à autre quelques cartons de ramettes de papier A4, si bien que pendant les trois ou quatre années qui ont suivies, je n’ai plus eu besoin d’acheter la moindre feuille de papier – de cette façon, je restais fidèle à l’adage de mon grand-père tchécoslovaque qui disait au temps du socialisme autoritaire : « qui ne vole pas l’État vole sa famille ».

Ainsi, et quand bien même je mesurais chaque jour un peu plus l’importance de la revendication syndicale qui consiste à inclure le temps de trajet dans le décompte du temps de travail, j’acceptais plutôt bien mon sort, car au regard de la surveillance permanente qui nous était réservée à Photo-Service-Orange, l’IA prenait figure d’un refuge temporaire, somme toute assez paisible à côté de l’identité salariale que doivent épouser les employés du commerce. En dehors de ces trajets particulièrement lourds et des missions qui pouvaient m’être confiées au-delà de mes fonctions, le travail en lui-même n’était pas très difficile.

L’An 01, film adapté de la bande dessinée L’An 01 de Gébé, réalisé par Jacques Doillon, Alain Renais et Jean Rouch, UZ Production, 1973, 87’ min.

Nous étions deux à la reprographie et, comme nous nous entendions plutôt bien, nous pouvions nous appuyer l’un sur l’autre, voire nous relayer alternativement dans le travail et le temps libre, à l’image des cinq soudeurs du film L’An 012 qui, pour ne travailler au total qu’un seul jour par semaine, se relayent chaque jour à l’usine pour occuper, chacun à son tour, le même poste de travail et assurer ainsi, à l’insu de leur chef, la continuité de la production durant les cinq jours de la semaine. À certains moments de la journée (après la pause déjeuner par exemple), pendant que l’un vaquait librement à ses occupations personnelles, l’autre accueillait le public et prenait en charge le travail demandé par les agents de l’IA. Pour ma part, lorsque j’ai intégré la reprographie, et à l’image alors d’un ethnomusicologue amateur, j’ai commencé à enregistrer le son particulièrement rythmé des différentes machines et outils de production directement placés à ma disposition : les photocopieurs et duplicopieurs, la perforelieuse, l’assembleuse, le massicot électrique, le thermorelieur, les différents types d’agrafeuses (électriques et manuelles, pour le A3 et le A4) jusqu’au son produit par cette bestiole qu’on appelle aussi un ôte agrafes (ou extracteur d’agrafes)… tout ce qui se trouvait dans l’atelier devenait prétexte à enregistrement, si bien que j’en profitais également pour recueillir les sons ambiants, en particulier le bruit généré par la ventilation particulièrement bruyante de notre bureau (et sur laquelle, avec mon collègue, nous avions ingénieusement placé des feuilles A4 pour obturer la bouche d’aération et en atténuer la portée vrombissante). Par la suite, j’ai monté ces différents échantillons de sons de machines et d’outils en boucles sonores (loop) afin de m’amuser à les mixer entre eux.

J’ai diffusé ces boucles sur une page web de mon site pour permettre à chacun de les lancer en décalé et de superposer les différentes pistes sonores. Par ailleurs, j’ai eu aussi l’occasion d’activer et de diffuser ces Boucles sonores (éditions clandestines) à plusieurs reprises : notamment lors d’un Placard headphone festival organisé par Erik Minkkinen (à La Générale en Manufacture de Sèvres le 27 août 2011) ; puis lors du Salon de l’auto-édition « anti-Aufklärung » organisé par Olivier Nourisson (à La Générale en Manufacture, Sèvres, le 29 mars 2015).

Bien entendu, je ne me suis pas contenté d’enregistrer les sons des machines, je m’en suis également servi notamment pour réaliser de nombreuses éditions clandestines3. Avec toutes ces machines et ces outils à disposition, nous avions largement de quoi nous occuper, car, en plus de la littérature que nous pouvions emmener avec nous et lire sur place, nous disposions d’un poste informatique connecté à internet qui nous permettait de trouver chaque jour de nouveaux textes à imprimer. Ce poste informatique était particulièrement bien placé puisqu’il était installé dans le coin opposé à l’entrée d’un bureau fermable, c’est-à-dire qu’il était situé précisément dans l’angle mort du public contenu par le comptoir qui définissait la zone limite où il devait se tenir pour nous passer commande. De cette façon, nous pouvions également imprimer directement sur place notre propre « littérature » à partir des fichiers texte disponibles et trouvés sur le Net. Je pouvais ainsi m’adonner à l’édition clandestine de nombreux textes, ou plus exactement me consacrer à leur « réédition », car, comme le fait remarquer à juste titre Leszek Brogowski, je réalisais « toutes sortes de perruques, en faisant en particulier des rééditions, pas nécessairement pirates, car certaines œuvres se trouvaient déjà dans le domaine public4 ». Cependant, si ces rééditions n’étaient effectivement pas toujours pirates, elles étaient néanmoins « customisées » puisque je me servais des sigles et du sceau de l’institution qui m’employait et m’amusais ainsi à les personnaliser en apposant et en estampillant les en-têtes de l’IA, la signature de l’inspecteur académique, et son non moins officiel tampon (dont nous disposions pour la reproduction des documents officiels) sur les premières de couverture de publications telles que 1984 de George Orwell, Le Capital de Karl Marx, L’Insurrection qui vient du Comité invisible, ou encore L’Honnête Voleur de Dostoïevski, etc.

J’ai réédité également d’autres types de textes : des brochures d’information et de formation syndicales, des textes politiques et artistiques, mais aussi des tracts et des affichettes – comme l’« Ordre de Réquisition » émit par le Comité Parisien de la Libération et signé le 21 août 1944 par le colonel Rol-Tanguy (chef régional des F.F.I.), qui ordonnait par la présente la réquisition des stocks d’essence, d’acide sulfurique et de chlorate pour la fabrication de bouteilles incendiaires antichars et anti-blindées dont il donnait dans ses moindres détails la « recette » –

ou encore d’autres affiches, comme celles imaginées par un groupe politique affinitaire qui revendiquait ces slogans : « Anti-gréviste / non-gréviste sois moderne refuse tes congés payés ! » et « Mangez, Bougez, faites la grève ! ».

Ces affiches ont par ailleurs été collées, comme il se doit, sur le parcours de la manifestation des anti-grévistes lors des grandes grèves de janvier 2009 contre la crise et les réformes du gouvernement Fillon/Sarkozy. Je réalisais aussi d’autres affiches comme celle qui reprenait une citation de Karel Teige dans Le marché de l’art : « la liberté bourgeoise, pareille à la liberté de l’ouvrier salarié de vendre ou ne pas vendre sa propre main-d’œuvre, se manifeste souvent pour les artistes et les poètes comme la liberté de mourir de faim5 » ou encore comme celle, inspirée par John Cage6, et qui affirmait : « L’anarchisme, c’est aller d’échec en échec tout droit vers la victoire finale ».

Toutes ces rééditions devaient ainsi servir à enrichir la Bourse du Travail Parallèle que j’avais initiée en octobre 2006 dans le cadre de la XVe Biennale de Paris. Si dans les faits, j’ai plus souvent offert ces rééditions (un don sans attente de retour en contre-don) que je ne les ai échangées (dans la logique initiale de la BTP il s’agissait d’effectuer un échange en « don /contre-don »), j’en avais également profité pour m’imprimer toutes sortes de textes pouvant me servir dans le futur, notamment pour mes études en sociologie.

À ce propos, et dans la perspective de m’inscrire en master de sociologie à Paris 8, je pris d’abord contact avec Nicolas Jounin que j’avais rencontré (notamment lors de l’exposition Remise Perso) par l’intermédiaire de Faïrouze A, une amie, étudiante et chercheuse en Anthropologie à Paris 8 et également membre du Lab’o. Je demandais donc conseil à Nicolas Jounin sur les professeurs de sociologie susceptibles d’accueillir favorablement ma recherche au sein du département. Il me conseilla alors de m’adresser à Jean-François Laé, à qui j’écrivis et qui accepta d’être mon directeur de recherche et de m’inscrire directement en master 2.


  1. « DAF 3 Logistique », Annuaire 2008-2009, Le Chesnay (Centre commercial Parly II), Inspection académique des Yvelines : académie de Versailles – éducation nationale, 2008, p. 33. ↩︎
  2. L’An 01, film adapté de la bande dessinée L’An 01 de Gébé, réalisé par Jacques Doillon, Alain Renais et Jean Rouch, UZ Production, 1973, 87’ min. ↩︎
  3. Ces éditions clandestines ont notamment été exposées et proposées à l’échange dans le cadre du salon de l’autoédition « anti-Aufklärung » organisé par Olivier Nourisson, La Générale en Manufacture, Sèvres, le 28 et 29 mars 2015. À ce propos voir notamment Leszek Brogowski, « Donner ce qu’on n’a pas dans la réédition : inventer de nouveaux espaces de jouissance », in Les Valeurs esthétiques du don, sous la direction de Jacinto Lageira et Agnès Lontrade, Sesto San Giovanni (Italie), Mimésis, 2019, p. 17-39. Et pour la version en ligne publiée le 4 juillet 2021 et modifiée le 3 décembre 2021, voir Leszek Brogowski, « Don et appropriation dans l’art à la lumière de la théorie de la propriété », p. 1-27, consulté le 3 février 2022 sur le site : https://hal-01687092/document. ↩︎
  4. Leszek Brogowski, « Donner ce qu’on n’a pas dans la réédition : inventer de nouveaux espaces de jouissance », loc. cit., p. 32-33. Je souligne. ↩︎
  5. Karel Teige, Le Marché de l’art, Paris, Allia, 2000, p. 26. ↩︎
  6. Je cite ici les propos de John Cage rapportés par Pietro Ferrua – militant anarchiste qui fonda notamment à Genève en 1957 le Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA), aujourd’hui établi à Lausanne : « Je pense que cela redevient pratique. J’ai une amie qui revient d’Espagne où elle connaît un sculpteur qui lui a dit à propos du mouvement anarchiste : “ D’échec en échec tout droit vers la victoire finale ”. Elle envisage –comme lui, comme moi, et comme de plus en plus de gens penseront – que l’avenir politique de l’humanité sera victorieusement anarchique. Nous ne pouvons avoir qu’une humanité universelle et anarchique, … il nous faut une anarchie paisible … sinon … il y aura trop de ce qu’on pourrait appeler douleur », John Cage, cité par Pietro Ferrua, « John Cage, anarquista fichado no Brasil », in Verve, n°4, Núcleo de Sociabilidade Libertária (Nu-Sol), Sao Paulo, octobre 2003, p. 27. Cette citation est extraite de la traduction française de l’article, in L’En Dehors, « John Cage : anarchiste “ fiché ” au Brésil », rubrique : Le privé est politique, consulté le 7 février 2022 sur le site : http://endehors.net/news/john-cage-anarchiste-fiche-au-bresil voir également John Cage, « Last Words on Anarchy. An Interview with John Cage by Max Bletchman » in Drunken Boat, n°2, septembre 1994, p. 221-225. Pietro Ferrua précise « La revue [Drunken Boat] a paru en septembre 1994, mais l’interview eut lieu le 24 juillet 1992, moins d’un mois avant la mort du compositeur. » ↩︎

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