Par la suite, un ami (lui aussi étudiant à Paris 8 et militant à la CNT) m’a proposé de travailler avec lui sur des missions d’intérim. Ah., qui a grandi à Chevilly-Larue travaillait régulièrement pour une agence d’intérim située dans le département du Val-de-Marne (94). C’est de cette façon que j’ai par exemple travaillé au MIN (Marché d’intérêt national) de Rungis et que j’ai réalisé plusieurs inventaires dans les grandes surfaces de la région parisienne.
ConditionneusE de rose à Rungis (sans date)
Avec Ah., nous avons travaillé au « Pavillon des fleurs » de Rungis. C’était une mission très courte de deux jours. Ce dont je me rappelle, c’est qu’il fallait se lever très tôt, car nous commencions aux alentours de 4 heures du matin et que sur ma feuille de paye était inscrit conditionneusE. Le poste de travail que nous occupions était effectivement occupé pour l’essentiel par des femmes. Nous étions là en « force d’appoint », pour les aider à reconditionner les roses qui nous arrivaient en gros. Il fallait les prendre une par une pour réaliser des bouquets d’une dizaine de roses. Ce qui m’a marqué, outre le froid dans lequel nous devions travailler, ce sont les doigts et en particulier les pousses endurcis des dames qui travaillaient mains nues. Des corps épais s’étaient formés sur leurs doigts à force de manipuler les roses. Elles travaillaient beaucoup plus rapidement et ne semblaient pas souffrir des épines de roses contrairement à moi qui travaillais maladroitement sans doute à cause des gants que j’utilisais, mais qui n’empêchaient nullement les épines de me piquer la chair.
Inventaire chez Carrefour (sans date)
Toujours dans cette période de travail en intérim et dans le secteur de Rungis, nous avons également pris une mission au supermarché Carrefour du centre commercial de Belle Épine à Thiais (dans le 94). Ce jour-là nous avons rejoint une équipe de jeunes travailleurs pour participer à ce travail d’inventaire. Après avoir quitté le vestiaire, le chef d’équipe a formé des binômes assignés à des rayons particuliers du magasin. Je n’ai pas eu de chance, car avec un collègue d’infortune nous avons été désignés pour travailler dans les chambres froides du Carrefour. Trop tard pour se changer, les vestiaires sont trop loin. Mal équipés contre le froid, nous avons dû scanner directement dans les frigos tous les cartons de marchandise.
Étonnement collectif lorsque la pause arrive enfin et que nous nous dirigeons vers un café lyophilisé, dont la seule qualité était d’être chaud, et que l’on croise le chemin des souris qui cavalent, y compris dans les rayons frais du supermarché.

La seule trace restante récupérée sur place ce jour-là, c’est un rouleau d’étiquettes d’inventaire que j’ai subtilisé.
Par la suite, je me servirai de ces étiquettes en les collant sur les publicités d’autres enseignes pour lesquelles j’ai été amené à travailler : Métro, boulot, et cetera…



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