B.S.I.P, septembre 2000, opérateur-scanner.
Ces photographies sont essentiellement marquées par l’absence des patrons appelaient ailleurs, sur une mission en province. On peut lire dans les images une absence manifeste de stress, et le travail prend la forme d’un jeu de rôle. On circule de poste en poste pour discuter avec les collègues, un peu pour faire « comme si » on travaillait. On prend notre temps pour faire les courses, préparer un déjeuner collectif qui sera bien arrosé. Il s’agit de deux journées où, naturellement, on a pris le temps de parler, de manger, et de faire les cons. L’appareil photo circule de main en main et devient un prétexte à « déconnecter » le travail et à multiplier les temps de pause. Je profite de ces journées pour travailler le moins possible.
Ces photographies, montées en diaporama (intitulé Quand le chat n’est pas là…), ont été réalisées en septembre 2000 lorsque je travaillais comme « nettoyeur » d’images et opérateur scanner pour la banque d’images médicales BSIP. Il s’agissait là d’une petite entreprise d’une dizaine de salariés dirigée par L.. C’est son compagnon, P., qui m’a proposé ce poste et permit d’entrer dans la place. J’ai rencontré P. lors d’une réunion syndicale de la CNT de l’Union Départemental du 92. Ces réunions, qui se déroulaient à Nanterre, étaient suivies d’une athénée libertaire. C’est à cette occasion que j’ai sympathisé avec P. et lui ai parlé de ma formation de photographe. Par la suite, il m’a proposé de rejoindre l’entreprise d’imagerie médicale dirigée par sa compagne. J’ai eu un entretien avec L. et j’ai été embauché pour quelques mois en CDD.
Plus tard, un collègue, lui aussi militant à la CNT, nous a rejoints dans l’équipe. S. était embauché avec un contrat d’un an. Il devait fabriquer un CD-ROM, sorte de base de données photographique pour les clients. Le loup était dans la boîte. Ensemble, nous avons organisé des réunions avec nos collègues pour négocier notamment les 35 heures avec la patronne. Autant dire tout de suite que ça s’est mal fini pour moi, puisqu’à la fin de mon contrat, je n’ai pas été réembauché. Étant donné la passivité de P. et son ambiguïté, et en concertation avec S., j’ai demandé à Ah., un camarade et ami extérieur à l’entreprise, de m’aider à effectuer un collage d’affiches CNT directement sur la vitrine de l’agence.

























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