Perruks doc

Étienne de Banville

L’usine en douce, Le travail en « perruque », L’harmattan, Paris, 2001.

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Fiche de lecture (Texte.pdf)


Marie de Banville et Dumont Bruno

Perruque, bricole et compagnie…

Extrait du film


Jhonny Cash
One Piece At A Time

One Piece at a Time

One Piece at a Time raconte l’histoire d’un ouvrier d’une chaîne de montage automobile qui construit sa propre voiture avec des pièces volées à l’usine. (texte.pdf)    


RTM – the National Union of Rail, Maritime and Transport Workers.

Entretien avec Alex Gordon président du syndicat des cheminots Anglais RMT.

Fauteuil, chaises et grande table de réunion fabriquées en perruque – Foreign – dans les usines ferroviaires de la ville de Derby – entre 1870 et 1910 – pour le compte du syndicat des cheminots anglais RMT (the National Union of Rail, Maritime and Transport Workers).


À l’ouest des rails de Wang Bing, Chine, 2004.

Perruque usine Shenyang

Hé, oui ! En chine aussi on perruque, dans l’usine de Tie Xi de la ville de Shenyang. Plus que deux jours avant que l’usine ferme, des salariés – en comité restreint – se questionnent : « Si on veut voler des outils, il faut se dépêcher. On a encore 2 jours. »

 


Perruque et travail en douce à Bata.

Article écrit par Lise Lerichomme

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Là aussi, comme pour l’usine de Tie Xi de la ville de Shenyang, ce sont les derniers moments d’existence et d’occupation de l’entreprise qui offrent aux travailleurs de chez Bat’a (les Batamen et Batawomen) un contexte propice à la production de perruque : « Ce qui explique l’existence du travail en perruque à Bata, c’est le récit, plus simple et plus maussade, de l’occupation d’interminables journées de grèves à une période où les salariés avaient découvert l’avenir bouché de l’entreprise à laquelle ils avaient tout donné. Les batamen à l’arrêt depuis le début du mois de juin 2001 ont alors commencé à combattre l’angoisse de l’incertitude par la fabrication de petits riens, pour eux. »

Lire l’article


Gijon

Perruque et lutte de classe : Chantiers navals de Gijon (Asturies-Espagne).

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Pour se défendre contre les assaillants, les ouvriers et chaudronniers ont construit en plusieurs exemplaires des petites guérites de protection en tôles fixées sur des roulettes. Ces petites guérites mobiles leur permettaient ainsi de se porter à bonne distance pour tirer des projectiles et repoussé les galets de lacrymogènes sur les forces répressives.

   


Kosmann Robert

Retraité de l’industrie (18 ans à la régie Renault Saint-Ouen), perruqueur, syndicaliste et historien, Robert Kosmann participe à entretenir la mémoire de la pratique de la perruque.

Discussion sur la pratique de la perruque avec Robert Kosmann et Serge (Mécanicien dans le secteur de la maintenance aéronautique) dans l’espace de documentation de la
 Bourse du Travail Parallèle, dans le local du syndicat du Nettoyage de la CNT, le 21 octobre 2006.

Perruques de Robert Kosmann

Plus de photos ici…

Bibliographie autour de la pratique de la perruque réalisée par Robert Kosmann (.pdf)

Bibliographie Robert Kosmann (.pdf) :

– Robert Kosmann, « Perruque et bricolage ouvrier », Septembre 2009

– Robert Kosmann, « « La perruque » un travail détourné », histoire et sociétés, n°17/1er trimestre 2006

– Robert Kosmann, « La perruque ou le travail masqué », Renault – Histoire, n°11, Juin 1999


Serge (Mécanicien dans le secteur de la maintenance aéronautique)

  • Chaise-tabouret réalisée à partir de pédales et d’une selle de vélo, dans un atelier de maintenance d’une compagnie aérienne, 2008.
  • Sabre d’entraînement pour enfant pratiquant le Vo Vietnam (art martial), Alu, laiton, bois et acier pour la lame. Manche : pied de lit Castorama. Anneau de levage : récupération. Entièrement fait et fini à la cisaille et lime. Fabriqué dans un atelier de maintenance d’une compagnie aérienne, 2006. (5 jours de travail environ).

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Bourse du Travail Parallèle le 21 octobre 2006 : discussion autour de la pratique de la perruque avec Serge et Robert Kosmann


Le dos au mur de Jean-Pierre Thorn

Perruques de grève chez ALSTOM, octobre novembre 1979

Extrait du film.
Pour la grève les salariés redémarrent la production.


Un perruqueur anonyme, dit l’Espagnol (Chaudronnier Alstom Saint-Ouen)


Quelques Perruques de grèves photographiés par Jean-Luc Moulène

Dans son chapitre consacré à la perruque (une pratique de détournement : la perruque), Michel de Certeau s’interroge sur la place à partir de laquelle nous étudions cette pratique. Il observe « une coupure entre le temps des solidarités (celui de la docilité et de la gratitude de l’enquêteur envers ses hôtes) et le temps de la rédaction qui dévoilent les alliances institutionnelles (scientifiques, sociales) et le profit (intellectuel, professionnel, financier, etc.) dont cette hospitalité est objectivement le moyen. Les Bororos descendent lentement dans leur mort collective, et Lévi-Strauss entre à l’Académie »[31]. En paraphrasant Michel de Certeau, on pourrait sans doute voir, dans la situation de la représentation artistique des travailleurs de l’industrie en France quelque chose de comparable. Les ouvriers d’une certaine industrie et leurs cultures associées descendent lentement dans leur mort collective, et Jean-Luc Moulène entre à Beaubourg avec leurs objets de grève représentés.

ObjetsEn effet, s’il faut saluer ici le travail de collecte et d’archive d’objets de grève — ou « perruque de grève »[32] — réalisé par Jean-Luc Moulène et la donation qu’il en fait aux Archives Nationales du Monde du Travail[33], la représentation artistique de ces objets nous semble pour le moins problématique. Et l’artiste, acteur – autoproclamé ( ?) – de cette redéfinition d’« objets de grève » en « objets d’art », ne s’y trompe pas lorsqu’il dit : « Il y a là une ambiguïté. Dans mon esprit, cette œuvre est un lieu de conflit, pas un lieu pacifié. Beaubourg achète les photographies, ce qui représente l’assomption en art d’un objet manifeste. D’une certaine manière, le contenu subversif de l’objet de grève est ainsi apaisé. »[34] Il n’y a pas que dans l’esprit de l’artiste que cette œuvre est un lieu de conflit car elle ne peut que distendre encore un peu plus les liens d’hospitalités et de solidarités qui pouvaient exister entre l’« artiste-archiviste » et les travailleurs grévistes producteurs collectifs de ces « perruques de grève » désormais transfigurés en « objets d’art » et un peu aussi en objets de spéculation. Et en l’occurrence la culbute est quand même sévère. La photographie d’un objet de grève — y compris celle du paquet de Gauloise estampillé CGT qui était offert en 1982 avec un bon de soutien à cinq francs et sur lequel était clairement stipulé DÉGUSTATION-VENTE INTERDITE — est vendue par la Galerie Chantal Crousel[35] (qui représente l’artiste) 7500 euros TTC, ce qui confère aux vingt-quatre photographies d’ « objets de grèves » une valeur commerciale de 180 000 euros TTC et accorde à la photographie du paquet de Gauloise produit par les travailleurs en lutte de la Seita une sacré plus-value. « Surtout gardez bien vos perruques de grèves, ne les jetez pas, elles vont valoir de l’argent ! »[36] voilà l’avertissement – plein d’ironie – lancé par un ancien perruqueur de chez Renault Saint-Ouen aux anciens de chez Alstom Saint-Ouen. C’est dans cette schizophrénie que nous place cette requalification des « Perruques de grève » en « objets d’art ». Pour qui roule l’artiste et quelle réputation — a priori ou a posteriori — laisse-t-il de son passage ? Est-ce à dire que l’artiste pour faire œuvre — comme le curateur, l’anthropologue ou le sociologue… — se trouve toujours exposé à trahir l’hospitalité de ses hôtes et à accroître toujours plus les divisions du travail entre représentants d’un coté et représentés de l’autre ?

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